
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les conflits mettant aux prises des États et des acteurs sous-étatiques sont généralement qualifiés d'asymétriques, dans la mesure où l'un des deux belligérants (ou groupe de belligérants) est manifestement beaucoup plus puissant que l'autre. En théorie, les guerres de ce type devraient être rares. En effet, si puissance implique victoire, David doit logiquement céder aux exigences de Goliath sans même songer à lutter, puisque le résultat - défaite de David - est connu d'avance. Or, en réalité, la fréquence de tels conflits, à proportion du nombre total des guerres, et le nombre des victoires de David n'ont cessé d'augmenter...
C'est avec la fin de la guerre froide que la communauté internationale a commencé de considérer la médiation comme une démarche valant la peine d'être cultivée: en effet, tout au long des années 1990, de nombreux conflits ont été résolus par la négociation. Toutefois, et ce n'est pas une coïncidence, la fin de la guerre froide a aussi marqué l'avènement d'un monde unipolaire, au sein duquel les États-Unis ont joué le rôle d'une ‘superpuissance pour la paix' incitant les belligérants à s'asseoir à la table des négociations, le cas échéant en exerçant des pressions plus ou moins fortes à cet effet, y compris l'application de la force armée. Le déclin annoncé de la diplomatie étasunienne annonce-t-il, par conséquent, la fin de cet âge d'or de la médiation? Ou, au contraire, faut-il considérer que la capacité d'instaurer une paix durable dépend de plusieurs caractéristiques: la personnalité du médiateur, les interactions au sein d'un processus, les perceptions extérieures de ce processus, sans oublier l'évolution politique d'un pays?
Le nouveau Secrétaire général des Nations Unies prend ses fonctions en un temps de turbulences sur la scène internationale. Plusieurs problèmes attendent M. Ban Ki-moon et son équipe tandis qu'ils prennent la mesure de l'agenda des Nations Unies et des moyens à leur disposition. Certains de ces problèmes sont liés aux conditions propres à chaque conflit; d'autres au caractère transitoire du contexte politique international; d'autres à l'émergence d'organisations concurrentes; et d'autres enfin au système des Nations Unies lui-même.
Cet article esquisse certains de ces problèmes dans la perspective de leur impact potentiel sur la marge de manœuvre politique des Nations Unies en matière de rôle politique dans les conflits et de gestion des crises. Il propose certains éléments d'une stratégie pour faire face aux remous qui s'annoncent.
On pense souvent que l'Union européenne (UE) a le potentiel de jouer un rôle très important en matière d'instauration de la paix. L'UE accorde en effet une aide financière généreuse à un certain nombre de pays affectés par des conflits et soutient plusieurs négociations de paix en cours. Cependant, on peut se demander si l'UE met vraiment sa puissance politique et économique indiscutable, ainsi que son influence, au service direct des efforts de médiation.
Cet article analyse plusieurs expériences de médiation selon une approche chronologique, débutant avec l'intervention kényane dans la guerre civile ougandaise, décidée par le Président Daniel Arap Moi en 1985, jusqu'à la médiation exercée par l'ancien Président Ketumile du Botswana dans le cadre du conflit en République Démocratique du Congo en 2002. Cette succession d'expériences montre comment les acteurs africains ont progressivement appris à gérer des rôles de médiation, comme en témoigne la pratique de Présidents qui délèguent à d'anciens chefs d'États et à des envoyés spéciaux la charge des médiations.
Étant donné la fréquence des opérations de haut niveau pour le maintien de la paix en Afrique, il y a comparativement peu de discussions dans les milieux officiels sur la science et à l'art de la médiation.
La première partie de cette étude analyse certains problèmes spécifiques à cet égard: manque d'expertise en matière de médiation; insuffisance du soutien institutionnel octroyé aux médiateurs; absence de mémoire institutionnelle et de mécanismes d'apprentissage à ce niveau; absence d'un concept viable de ce qu'est la médiation. Dans la seconde partie de l'étude, l'auteur propose, pour remédier à ces problèmes, la création d'unités spécialisées dans la médiation au sein de l'Union africaine et d'autres organisations régionales.
Cet article présente brièvement les principales caractéristiques des accords de partage du pouvoir et discute de leurs avantages et inconvénients. L'auteur estime qu'une forme de partage du pouvoirs est souvent indispensable à l'obtention d'un accord. Cependant, elle soutient aussi que le partage doit être temporaire et que, tout au long d'une période de transition, il faut tout mettre en œuvre pour étendre la participation politique à un cercle plus large que celui des parties se partageant le pouvoir au sein d'un même gouvernement. C'est pourquoi les médiateurs doivent être conscients des dangers des mécanismes de partage du pouvoir et, dans la mesure du possible, trouver des moyens d'intégrer à leurs accords des mécanismes garantissant une participation politique plus large pendant les périodes de transition.
© 2010 Centre pour le dialogue humanitaire